piève de la Serra, cadastre napoléonien, cartographie

Le cadastre napoléonien et la piève de la Serra

Le cadastre napoléonien (cadastre parcellaire ou plan cadastral de 1812) a été créé par la loi du 15 septembre 1807. Ce cadastre a été mis en place afin de fixer équitablement l'impôt foncier auquel étaient soumis les propriétaires de biens immobiliers. Il s'est substitué à l'ancien plan terrier qui avait été élaboré sous Louis XV – et terminé en Corse en 1795 ! - et qui, avec le temps, était devenu obsolète.

Le cadastre napoléonien comporte des plans pour chaque commune de France (tableau d'assemblage par commune et feuilles par sections de commune), des matrices (où chaque propriétaire est recensé alphabétiquement) et des états de section.

L'intérêt du cadastre napoléonien tient au fait qu'il donne un aperçu démographique de la commune concernée mais surtout qu'il donne un état exact de l'occupation du territoire de cette commune entre 1820 et 1930, sachant qu'il était mis à jour régulièrement par une administration fiscale soucieuse de ses deniers : on peut ainsi avoir une idée précise de l'extension urbaine, de l'emprise bâtie, des axes de communication, etc. Le cadastre napoléonien est une aide précieuse pour l'historien contemporain car il donne des renseignements sur l'organisation du territoire à un moment donné et on peut ainsi avoir une image précise de notre passé. C'est grâce au cadastre napoléonien que l'on sait par exemple que Zuani possédait dix-sept fours à pain en 1856, dénotant une pratique individualiste de la fabrication de cet aliment essentiel durant les siècles passés. Grâce au cadastre, on a pu également reconnaître l'emplacement d'anciennes chapelles ou bâtisses aujourd'hui disparues : ces témoignages sont précieux pour retrouver des traces du passé, de notre patrimoine, et établir des comparaisons avec l'époque actuelle.

Cadastre napoléonien Ampriani

                                        (source: © Archives départementales de Corse du Sud)

 

Si l'on fait une étude comparative de l'habitat groupé de la commune d'Ampriani, on constate que depuis 1856, date de la création de cette feuille du cadastre napoléonien, le village n'a pratiquement pas évolué en matière de constructions. Quelques bâtisses ont disparu, sans doute trop vétustes ou abandonnées. Par contre, en relation avec notre époque moderne, les chemins à l'intérieur du village ont cédé la place à des ruelles carrossables.

 

A l'opposé, le secteur de la chapelle Santa Maria de Zalana a bien changé aujourd'hui par rapport à ce qu'il était au vu du cadastre napoléonien édité en 1856. On constatera ainsi qu'à cette date les seules constructions étaient la chapelle et deux maisons situées de part et d'autre du chemin de Corté à Tallone (correspondant approximativement au CD 116). La chapelle est colorée en bleu sur le plan napoléonien, les deux maisons en rouge.

 

Cadastre napoléonien chapelle Santa Maria

Santa Maria chapelleAujourd'hui, quelques constructions récentes ont été édifiées de part et d'autre du CD 116, constituant une sorte de hameau dispersé.

 

(source de la photographie aérienne: Géoportail.  © I.G.N. et  © Archives départementales de Corse du Sud pour le cadastre napoléonien)

 

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Google map sta maria